Romans

Chemins

« J’ai trois ans. Un homme qui me paraît immense entre dans la minuscule cuisine de l’appartement rue du Souci à Poitiers, me prend dans ses bras, je ne l’ai jamais vu. Ma mère me demande de l’appeler papa. C’est mon père. »

Des années après la mort de son père, dont l’apparition s’impose dès les premières phrases de son nouveau roman, Michèle Lesbre tente de se réconcilier enfin avec son « intime étranger », ce père qu’elle a si peu et si mal connu.

Assis sous un réverbère, un homme bien mis, pipe à la main, est totalement absorbé par sa lecture. La scène est insolite, la silhouette presque familière, et quand la narratrice, intriguée, parvient à déchiffrer le titre de l’ouvrage, le passé la submerge.

Scènes de la vie de bohème, d’Henry Murger, ne quittait pas le bureau de son père, et elle s’était souvent étonnée, sans oser lui poser la question, qu’il l’évoque comme un livre « qui était toute sa jeunesse ». Quel rapport entre les aventures de quatre joyeux drilles à l’humeur frondeuse et l’homme tourmenté dont elle n’a jamais percé la part de mystère ?

Chemins

140 pages

9782923975658

Michèle
Lesbre

Revue de presse

« Chemins confond passé et présent en une prose poétique ressemblant à l'eau d'une rivière. Les repères s'effacent. Appelons cela le charme. »

« Comme dans tous ses livres, Lesbre raconte la scène des images, piste les traces inscrites dans les lieux, comme s'ils pouvaient révéler quelque chose, ces repères sur le fond immense de la dérive. Ces écorces de vie flottent entre des ellipses, sur des grands pans de mystère, sur l'absurde d'un récit inachevé parce que le temps est discontinué. »

« 

Chemins, c'est une approche impressionniste, délicieuse, aux phrases magiques. Un roman d'une grande douceur et d'une précision folle. Un très beau livre aux évocations douces, vaporeuses, remarquables.

 »

La nouvelle quinzaine littéraire Guylaine Massoutre Le Devoir France Boisvert Le pays des livres

« Michèle Lesbre écrit en marchant, réglant son pas sur celui d’une prose poétique qui nous donne à voir et à rêver. Chemins est un texte d’une grande beauté où la sérénité domine. »

« Chemins est le livre le plus personnel de Michèle Lesbre. C’est avec générosité, sérénité et tendresse que la narratrice part au gré des chemins à la découverte de cet "intime étranger" qui était son père. »

« Les hommes et les femmes qui passent dans Chemins sont saisis dans un entre-deux qui les révèle à eux-mêmes. Comme de grands échassiers solitaires qui campent en lisière du carnaval social. »

Lire Dépêche Culture France Inter L'Obs

« La lecture de Chemins tient de la flânerie partagée. Des chemins buissonniers de la mémoire qui sinuent, se perdent dans l’oubli, resurgissent à la faveur d’une image. Chemins est un récit si intime, si romanesque, qu’on mesure une nouvelle fois la parenté étroite qui unit Michèle Lesbre à Patrick Modiano : une forme d’enquête, l’errance, des photos en noir et blanc, un espoir d’une vague nature. »

« On progresse en funambule dans les détours d’un pèlerinage au charme flottant, ému par la finesse et la limpidité cristallines du texte, bouleversé par cette rencontre d'une femme et d'un père, à jamais "intime étranger". Il y a tant de beauté dans ce livre. »

Le Monde Télérama

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